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29/01/2009

Le faux proces en antisémitisme de Benoît XVI

Après de nombreuses années de division, le Pape Benoît XVI a réintégré 4 évêques intégristes. L'un d'entre eux apparait avoir des positions négationistes sur l'holocauste de la seconde guerre. Il est légitime de dénoncer ces propos et leur auteur, mais la levée de l'excommunication n'a rien à voir avec ces propos. Et en déduire que Benoît XVI est antisémite est une vraie manipulation de gens qui passent pour des ignorants mais qui, en réalité, savent très bien ce qu'ils font.

Je rapporte ici l'indignation du journaliste Gérard Leclerc à ce sujet car il est bon d'entendre un autre son de cloche que tout ce que la presse délivre :

"Les déclarations de Monseigneur Williamson sont insupportables, indignes. Elles provoquent en moi un sentiment de révolte. Que l’élite catholique de France veuille faire partager son écœurement a propos d’un négationnisme sans nul doute associé a un antisémitisme de principe, cela constitue un signe de conscience profonde qui renvoie, non seulement a l’enseignement de Vatican II mais aussi à l’immense travail entrepris pour retrouver les harmoniques essentielles de la foi, la solidarité des alliances. J’ajouterai que le souvenir de Jean-Marie Lustiger est pour moi associé définitivement à cette grande cause.

S’il s’était agi de rappeler cela vigoureusement, bien sûr j’aurais signé une pétition de réparation pour les dommages subis, et tout simplement pour l’honneur de Dieu. Mais j’achoppe dans cette déclaration sur trois lignes que je trouve littéralement inadmissibles. Je cite : « Or, la levée deux jours après (la déclaration de Mgr Williamson, ce qui est au demeurant inexact puisque celle-ci est bien antérieure et était demeurée jusqu’alors inconnue de l’opinion) des excommunications frappant les lefebvristes a créé une tragique ambiguïté, laissant à penser que Rome réhabilitait le négationnisme ou du moins le considérait comme une opinion licite voire innocente. » Il y a ici un abus manifeste qui consiste à donner raison à ceux qui prétendent qu’il est légitime de douter de la fermeté du pape en matière de négationnisme. Qu’est-ce que cette façon d’entretenir soi-même l’ambiguïté sur la pensée de Benoît XVI a propos de l’extermination du peuple juif ? Les bras m’en tombent.

Pardon d’être un peu violent à mon tour, mais ce genre de procès me fait penser aux procédés employés jadis par la propagande stalinienne pour ériger en fascistes les gens qui déplaisaient, fussent-ils le général de Gaulle ou Raymond Aron. Tout ce que Benoît XVI a écrit sur le judaïsme, ce qu’il a tenu à rappeler le jour même de son intronisation place Saint Pierre apporte un démenti formel à tout soupçon d’ambiguïté. J’admets qu’on puisse s’inquiéter des conditions de réintégration dans l’Église de personnes qui se sont distinguées par des positions violentes à l’encontre de l’enseignement de Vatican II. Est-ce une raison d’interdire au pape toute initiative, voire tout acte de miséricorde pour les convaincre de la continuité organique du concile avec la grande tradition de l’Église ? Sans doute est-ce une tâche difficile, ingrate. Mais l’Évangile nous rappelle qu’il est parfois nécessaire d’abandonner les 99 brebis du troupeau, pour aller rechercher celle qui s’est perdue. Ainsi le berger prend-il des risques.

C’est comme cela que j’envisage l’entreprise actuelle de notre pape Benoît XVI, qui mérite toute ma confiance, et en aucun cas des suspicions qui entacheraient son intégrité et sa dignité de successeur de Pierre."

Commentaires

Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique, 1a-2æ, Question 85, Article 6 :



« La matière est proportionnée à la forme, et chaque chose à sa fin » : materia proportionatur formæ, et quælibet res suo fini (« Ainsi le coutelier choisit pour faire des couteaux une matière à la fois dure et ductile qui puisse s’aiguiser pour être apte à couper » : sicut faber ad faciendum cultellum eligit materiam duram et ductilem, quæ subtiliari possit ut sit apta incisioni).



Saint Jean de la Croix, La Montée du Mont Carmel, livre II, chapitre VIII :



« Il faut donc savoir que, selon les règles de philosophie, tous les moyens doivent être proportionnés à la fin, c’est à savoir : ayant quelque convenance et ressemblance avec elle, telles qu’elles suffisent pour parvenir à la fin qu’on prétend » : … que han de tener alguna conveniencia y semejanza con el fin, tal que baste y sea suficiente para que por ello se pueda conseguir el fin que se pretende. »



Quand une chose constitue un être essentiel (esse essentiale), elle est toujours composée de matière (materia) et de forme (forma), et ce même si cette chose est accidentelle, car une matière quelconque est déjà composée avec une forme. Ces composés sont liés dans l’être. Une réalité naturelle sans forme n’existe pas. Quant à la matière, par elle-même, elle n’existe pas non plus, car il lui faut pour exister une forme qui agit en tant que cause finale (causa finalis). Par conséquent, prétendre qu’un homme est seulement Pape matériellement parlant (materialiter) relève de la pure fiction : un tel homme ne peut pas exister, parce que c’est la forme qui donne l’existence en acte (causa formalis, inquantum facit esse actu) et que le Pape n’existe pas pour la lui donner, et étant donné que ce qui est en puissance ne peut s’actualiser soi-même (Quod enim est in potentia, non potest se reducere ad actum ) (a). CQFD

a) Cf. S. Thomas d’Aquin, Les principes de la réalité naturelle, 1254.



Mgr Alfonso De Galarreta, Sermon d’ordination du 27 juin 2008 à Ecône

Pour consulter l’intégralité de ce sermon, cliquez sur :

http://www.a-c-r-f.com/documents/2008-06-28-Sermon-et-Commentaires-de-Mgr-Alfonso-de-Galarreta1.pdf



(I) L'ÉNONCÉ DE LA THÈSE DE "CASSICIACUM"

(DÉSIGNÉE CI-DESSOUS PAR "THÈSE C")

« I. A. Cet énoncé requiert un présupposé métaphysique, qu'il est indispensable d'expliciter.

« Tout étant créé est composé. Si cet étant est matériel (et non esprit pur) cette composition est celle de la matière et de la forme. La forme se définit : "Quo aliquid habet esse" : "ce selon quoi tel étant a d'être" ; ainsi, l'âme est la forme du composé humain. La matière, globalement considérée, c'est, dans l'étant, ce qui est distinct de la forme, et a l'être par la forme ; la matière - sujet se définit : "quod habet esse" : "ce qui, dans l'étant concret, a l'être" : ainsi le corps uni à l'âme, dans le composé humain. De là résulte qu'au point de vue de la métaphysique (qui est celui de l'"esse"), la matière est déterminée par la forme ; il y a, de la matière à la forme, un rapport ontologique (on, ontos : l'étant) qui est de déterminé à déterminant.

« Note de 2008 : Il est bon de relire ce document 20 ans après, car les problèmes de l’una cum et de L’OBLATION PURE sont toujours très actuels.

Mais ce document a 20 ans, et depuis les réflexions et analyses sur la crise de Vatican II ont permis de mieux cerner et comprendre la Vérité. En 1988, et encore pendant 10 ans environ, toute opposition se centrait sur le problème de l’occupant du siège de Rome et sur son autorité. Depuis, on a mieux compris le message de La Salette et sa présentation de la crise : l’Eglise sera éclipsée, d’où la conclusion qui s’impose : s’il y a éclipse, il y a deux astres et l’astre qui éclipse l’Eglise ne peut être l’Eglise Catholique, ce qui veut dire que la secte gnostique conciliaire n’est pas l’Eglise Catholique.

« Mgr Guérard, que l’auteur de ces lignes a très bien connu, lui a confirmé que les actes d’un Pape "matérialiter" sont nuls (comme précisé à la page suivante) et que donc la thèse s’éteignait dans le temps. Ce temps est arrivé, puisque l’occupant actuel du siège de Rome n’est pas évêque.

« Nous sommes convaincu que si Mgr Guérard avait connu cette approche, éliminant le problème du "Pape" pour souligner le problème des deux églises, il l’aurait accepté. Comme il avait dit : "c’est là la solution !", quand il avait découvert la prophétie de la Vénérable Elizabeth Canori Mora annonçant que SAINT PIERRE CHOISIT ALORS LE NOUVEAU PAPE :

http://www.a-c-r-f.com/documents/HOLZHAUSER-Interpretation_Apocalypse.pdf

« La position actuelle de Verrua-Sodalitium est indéfendable, et l’oblige, pour faire croire aux fidèles que la thèse n’est plus aujourd’hui dépassée, de refuser l’enseignement de La Salette. Il semble bien que ce refus de la Vérité soit un exemple de péché contre le Saint-Esprit.

Quant à nous, nous préférons l’enseignement de La Salette à celui de l’abbé Ricossa pour qui la secte conciliaire est "matériellement" l’Eglise Catholique. Quel blasphème ! »

Écrit par : Victor | 23/02/2009

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